
Le PLFSS 2025 a (enfin) été officiellement adopté. Les infirmiers libéraux et tous les acteurs du système de santé connaissent les grandes orientations pour cette année déjà commencée …
Chaque année, le PLFSS, l’acronyme du projet de loi de financement de la sécurité sociale, suscite de nombreuses réactions de la part des soignants en général et des infirmiers libéraux en particulier. Si le PLFSS 2025 marque, lui-aussi, les grandes orientations en matière de santé publique, il représente aussi et surtout une forme inédite de compromis. Un texte sans grandes avancées, s’inscrivant dans la lignée de cette année 2024 déjà marquée par un attentisme avéré.
PLFSS 2025, une adoption tardive pour une loi sans surprise ?
Tous les professionnels de santé l’attendaient. Depuis le 17 février dernier, et le vote des sénateurs, le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour l’année 2025 est donc officiellement adopté. Ce texte est à l’origine de la chute du précédent gouvernement, conduit par Michel Barnier. Il a été remanié depuis pour répondre aux attentes des uns, aux revendications des autres. Toujours est-il, que comme chaque année, le PLFSS n’entraine pas l’adhésion de tous les acteurs du système de santé. Pire encore en 2025, la nécessité de trouver des arrangements entre les multiples voix, se faisant entendre à l’Assemblée nationale et au Sénat, a conduit le gouvernement à adopter, sur bien des points, des compromis voire des statuquo qui repoussent à plus tard les véritables prises de décision.
Sans surprise, un effort conséquent (mais déjà dénoncé comme largement insuffisant) a été consenti au bénéfice de l’hôpital. La proposition très médiatisée de hausse du ticket modérateur a, quant à elle, été supprimée, même si le gouvernement laisse entendre qu’une nouvelle taxe pourrait prochainement voir le jour pour compenser ce « manque-à-gagner ».
Une année 2025 sous le signe des économies et de l’attentisme ….
Les infirmiers libéraux et hospitaliers comme les médecins, les kinésithérapeutes et plus généralement tous les acteurs du système de santé peuvent regretter que leurs revendications n’aient pas été entendues. Parmi les grandes mesures, officialisées par le texte, il convient de citer :
Ø L’augmentation de 3.4 % de l’Objectif National de dépenses de l’Assurance Maladie (ONDAM) alors qu’au départ elle devait être contenue à 2.6 %
Ø Le triplement des ressources d’urgence octroyées aux EHPAD,
Ø La prise en charge par l’Assurance maladie de tous les frais liés à la rédaction des certificats de décès par les infirmières et infirmiers.
Les syndicats infirmiers, qui avaient été entendus à l’automne pour l’élaboration de la première version de ce PLFSS 2025, confirment leur déception, leur inquiétude voire leur colère. En Octobre dernier, le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI) s’interrogeait déjà en ses termes : ” À force de réduire les garanties et de multiplier les obstacles à l’accès aux soins, n’est-on pas en train de transformer notre système de santé universel en un privilège réservé à une élite ? Le #droit à la #santé pour tous est-il encore une priorité ? “. De son côté, la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI) rappelle, que si le PLFSS a enfin été adopté, et qu’il ne peut, au vu du climat politique actuel, satisfaire personne, d’autres urgences ne doivent pas être perdues de vue : « La FNI rappelle que les réformes en cours qui concernent les professions de santé libérales, et notamment la PPL infirmière, doivent aboutir de façon urgente. Ce texte est indispensable pour redonner de l’attractivité à la profession. Ce chantier doit être inscrit sans délai dans l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. »
A l’instar de bien d’autres soignants, les infirmières libérales n’attendaient rien de ce texte ô combien essentiel pour l’avenir de notre système de santé. En revanche, les IDEL(s) se font entendre pour que les réformes attendues depuis longtemps soient enfin engagées dans les meilleurs délais.